#Rencontre – Festival Mondial des Théâtres de Marionnettes

Tous les deux ans, marionnettes et manipulateurs du monde entier investissent la ville de Charleville-Mézières dans les Ardennes. Pantins et marionnettes à fils, à tiges, à tringles, à mains, à doigts ou d’ombres sont mis à l’honneur par le Festival Mondial des Théâtres de Marionnettes depuis les années 1970.

En attendant sa prochaine édition en septembre 2017, Charline Dupont, responsable de la Communication du festival, nous a raconté l’histoire de cet événement hors du commun, expliqué ses enjeux et missions, et dévoilé les points forts de sa programmation à venir.

Spectacle « Anywhere » d’Élise Vigneron, Théâtre de l’Entrouvert © Vincent Beaume

Le Festival Mondial des Théâtres de Marionnettes est un événement unique à l’échelle internationale. Quelle est son histoire et qu’est-ce qui rend ce rendez-vous incontournable ?

Le Festival est né en 1961 sur un territoire qui n’avait pas de tradition de marionnettes. Il est né de la volonté et de la passion d’un homme, Jacques Félix, pour cet art qu’il avait découvert 20 ans plus tôt lors d’un stage avec un marionnettiste lorrain, nommé Geo Condé.

Dès sa 3ème édition en 1972, l’événement est devenu mondial en accueillant des compagnies des cinq continents. Les habitants ont ouvert leurs maisons pour héberger des marionnettistes, les commerçants on décoré leurs vitrines, les bénévoles sont venus en nombre et les professionnels du monde de la marionnette ont rapidement eu un coup de cœur pour cette petite ville du nord-est de taille humaine où l’on peut voir, en l’espace de 10 jours, tout ce qui se fait autour de l’art de la marionnette dans le monde.

Ce Festival est donc rapidement devenu la référence mondiale pour cet art et le point de rendez-vous des marionnettistes du monde entier. Après avoir été sur un rythme triennal depuis 1976, le festival est devenu biennal en 2009. Il est aujourd’hui une vitrine où l’on peut voir jouer environ 250 compagnies en IN et en OFF et où 400 professionnels viennent se rencontrer et acheter des spectacles. Le festival rassemble à chaque édition plus de 160 000 spectateurs de tous âges et de tous horizons.

Comment s’élabore la direction artistique d’un tel événement ? Les artistes programmés viennent des 4 coins du monde : comment les sélectionnez-vous ? Quels sont les liens entre direction artistique et production ?

Depuis 2008, Anne-Françoise Cabanis assure la direction artistique du Festival. Un long travail de repérage et de veille artistique entre 2 festivals est nécessaire : déplacements sur d’autres festivals français et étrangers, dans des théâtres, rencontres et réseaux professionnels pour dialoguer avec les compagnies, veille des nouveaux projets, suivi des créations en cours par des visionnages d’étapes de travail et des sorties de résidences.

Pour certaines compagnies très éloignées, ces visionnages peuvent se faire par vidéos / photos. Pour la prochaine édition, plus de 500 compagnies ont envoyé leur candidature pour le IN. Une centaine sera finalement programmée. Parmi cette centaine, 15 créations seront proposées en premières mondiales.

La programmation conjugue la création contemporaine au niveau mondial et les spectacles traditionnels de haut niveau. La sélection garde cette optique et consacre à chaque édition des focus, choisis en fonction de l’actualité des arts de la marionnette.
La prochaine édition consacrera un temps fort à la jeune création finlandaise avec 5 ou 6 compagnies présentes, ainsi qu’un focus sur les spectacles pour la petite enfance, dès 6 mois.

Le Festival soutient également la création en coproduisant des spectacles et en accompagnant durablement les artistes. Pas moins de 20 spectacles bénéficient cette année de notre soutien : aide financière, accueil en résidence, en administration ou en diffusion. Tous ces spectacles seront présentés au prochain festival.

Renaud Herbin © Benoit Schupp

La 19ème édition aura lieu en septembre 2017 à Charleville-Mézières et l’annonce de sa programmation est prévue pour juin prochain.
Pouvez-vous dès à présent nous en dévoiler quelques points forts ?

Depuis 3 éditions le Festival invite 2 artistes fils rouge (un français et un étranger).

Il s’agit cette année de Renaud Herbin qui dirige par ailleurs le Centre Dramatique National de Strasbourg, seul marionnettiste à diriger un CDN en France, dont le maître mot est « COI – Corps Objets Images ». Il développe ce concept dans ses spectacles. Au Festival, il proposera ses dernières créations dont un spectacle magnifique pour les tout-petits et un autre qui met à l’honneur la marionnette à fils.

La seconde artiste invitée est Agnès Limbos de la compagnie belge Gare Centrale qui développe depuis une trentaine d’années une démarche artistique autour du théâtre d’objets dont elle est la pionnière. En plus de sa dernière création, elle propose un spectacle inattendu : « Macbeth pour les bébés », des soirées de formes courtes avec une pléiade d’invités, des conférences dans un lieu convivial et festif, ainsi que des spectacles « fil rouge » programmés dans les salles du festival.

Depuis maintenant 3 éditions, vous associez des artistes plasticiens à la création de l’affiche du Festival. Comment ce projet a-t-il été créé ? Comment s’effectue la collaboration artiste/graphiste/équipe du festival ?

Notre objectif, dans la continuité de la découverte de marionnettistes pendant le Festival, est de mettre en avant un artiste d’aujourd’hui qui donne à voir sa vision du monde et par voie de conséquence, sa perception du monde de la marionnette et du Festival.
La mise en lumière de l’œuvre est ensuite confiée à un graphiste.

Après Jean-François De Bus en 2013 et Julie Faure-Brac en 2015, c’est au tour de Mehryl Levisse, jeune et prometteur plasticien né à Charleville-Mézières, de se voir confier le visuel 2017.

Pour cet autoportrait sur le thème de la marionnette, Mehryl s’est inspiré de la ventriloquie, univers qui le fascine et l’effraie.
La graphiste Charlotte Merle (agence Daniella), a proposé 2 déclinaisons, dont une version métallisée cuivrée qui sera réservée à certains supports dont une affiche collector.

Affiche de l’édition 2017 du Festival Mondial des Théâtres de Marionnettes © Mehryl Levisse / daniella.paris

Quels outils mettez-vous en place afin de promouvoir la programmation culturelle et la vie du Festival ? Quels sont les moments clés de la communication ?

Œuvrer à faire connaître et reconnaître les arts de la marionnette est notre crédo. Les supports de communication imprimés ont une grande place dans notre stratégie.

Nous faisons de l’affichage en mobilier urbain en France (Paris, Strasbourg, Reims, Avignon, Lille, Metz, Nancy, Charleville-Mézières…) ainsi qu’en Belgique (Bruxelles, Namur, Mons, Liège, Charleroi) et dans les communes frontalières de Wallonie.
Nous achetons des encarts dans la presse culturelle (Télérama, Libération, Elle, Le Monde, La Terrasse, Nectart, France Today, Magazine Théâtre(s), Presse quotidienne régionale…)
Nous travaillons avec des outils print adaptés aux besoins de l’événement : 100 000 cartes postales, 2000 affiches 60×80, 3850 affiches A3, 25 000 visuels format cartes de visite, 25 000 brochures d’appel, 6 000 programmes, 25 000 mini programmes « Z-card », 25 000 mini programmes de rue / plan « Z-card », 100 000 sets de tables diffusés largement dans les Ardennes françaises et belges.

Le digital occupe également une part conséquente qui complète et renforce cette stratégie : site internet du festival, application iPhone & Androïd, publicité, Facebook, Twitter, Instagram, Pinterest, Snapchat, Youtube…

Les temps forts sont la sortie du programme en juin, et début septembre où nous accélérons la cadence des publications et du digital. Nous travaillons également avec la presse locale tout au long de l’année et prenons en renfort une agence de presse parisienne (MYRA) l’année du Festival.

Pour finir, pouvez-vous nous parler des actions que vous menez entre deux éditions du Festival ?

Nous travaillons étroitement avec les associations locales et le milieu scolaire pour proposer des actions de médiation culturelle tout au long de l’année : des PAG (Projet Artistique Globalisé) avec les scolaires, des ateliers de création et de manipulation de marionnettes, la programmation de spectacles pour les publics qui ne peuvent pas se déplacer (Maison d’arrêt, maisons de retraite, hôpitaux, etc.), les « Saisons Marionnettes » pour le grand public avec des rencontres avec des artistes, des stages, des conférences, des sorties de résidences, la formation de nos 500 bénévoles, etc.

Un an avant le festival mondial, nous organisons le « Weekend Marionnettes J-365 », qui propose une douzaine de spectacles, une exposition et des ateliers, et signe le départ de la communication pour le prochain Festival.

Le Festival apporte également un soutien en coproduction à un certain nombre de compagnies pour la création de leurs spectacles, ainsi qu’un soutien en diffusion et un accueil en résidence pour certaines d’entre elles.

 

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Festival Mondial des Théâtres de Marionnettes
Charleville-Mézières
Du 16 au 24 septembre 2017
www.festival-marionnette.com